• Pan's watching you

    Pan's watching you

    Blue Stahli - Scrape (Acoustic)

    Debout dans l’obscurité, sa silhouette se découpe dans le ciel parsemé d’étoiles. L’acier au-dessus de lui trempe délicieusement l’encre d’une constellation de mauvais augure. Les ombres envahissent la mer de souvenirs torturés et d’âmes en perditions, et le chant qui s’élève de l’océan ressemble de plus en plus à une complainte : on entendrait presque la flûte de Pan et sa douloureuse mélodie se mêler à leurs voix désespérées. Ils ont dû repousser les sirènes. Peut-être même qu’ils ont tué l’une d’elles. Ils sont encore en mer et déjà une épée ensanglantée plane au-dessus de leurs têtes. Une aura de désirs refoulés et de forces secrètement vacillantes les enveloppe, invisibles sentiments qui s’extériorisent un peu plus au contact de la magie d’ici. Parfait. L’alcool brûle déjà pour la blancheur d’un cygne, semble-t-il, et la passion se mêle à la haine sur les cendres de mémoires éprouvées. Ils seront d’excellentes pièces. Les carreaux sont noirs et blancs : la lune et la nuit ; la haine et l’amour ; la vie et la mort. Et pourtant, s’ils savaient… 

    Il se tient debout sur la falaise, admirant les dernières pièces qui viennent d’elles-mêmes s’ajouter à son jeu d’échecs. Mais entre ses doigts glissent les cartes de cœurs oubliés et de mondes inexplorés que le plus profond de leur être connaît. Mais entre sa tunique et sa peau des jokers uniques se dessinent à mesure que son sourire d’acier déchire ses lèvres rendues mauves par le froid. Dans son invisible chapeau est gardé le secret d’une source salvatrice qui les précipitera dans la prison de ronces noires empoisonnées. Si jamais la pointe les transperce, ils appartiendront aux entrailles de l’île, et rejoindront pour toujours les rayons meurtris de son soleil déchu. Ils n’ont plus caressé cette plage depuis bien longtemps, maintenant… A tel point qu’il semble en avoir totalement oublié la lueur sur les eaux de cristal, et la chaleur qui apaisait quelque peu son visage… 

    Mais en vérité qu’importe. 

    Il lâche un gémissement de douleur. Délicieuse douleur de l’encre qui s’enfonce un peu plus dans ses veines. Ses dents s’aiguisent alors qu’il les dévoile dans ce sourire mystérieux et avide dont lui seul a l’art. 

    Ils ont enfin posé pied à terre. 

    Le sable gris et humide couvre leurs bottes alors qu’ils débarquent, trempés par la pluie et épuisés par le voyage. Ils ont tous cette aura enflammée autour d’eux, en particulier le cygne blanc et son regard perçant. "Rassure-toi, ma belle : tu es des nôtres. Tu finiras par l’accepter. Parce que c’est la seule route que je te laisserais choisir pour retrouver ton fils. La fille perdue trouvera peut-être bien son chemin jusqu’à lui, qui sait ? 

    Mais alors, il sera déjà trop tard. 

    Beaucoup trop tard. 

    Il aura succombé aux notes de la flûte de Pan. Vous êtes tous deux des orphelins, mal-aimés, abandonnés à leur conscience de larmes et de rage, et les pourquoi envahissent votre esprit jusqu’à vous perdre dans les méandres d’un inconscient terrifié par la lueur du soleil. Pourquoi fait-il toujours nuit ici, à votre avis ? Vos âmes, les leurs, les nôtres, ont fait le ciel ainsi. Elles ont fait ce monde entier à l’image de leurs nuances de cendres. Et les ombres du ciel et de la mer coulent dans leurs veines autant que dans les miennes. Et les tiennes en seront bientôt comblées."

    Il a l’air d’un enfant, svelte et frêle, à la peau blanche comme neige et aux yeux verts comme l’espoir. Ne vous laissez pas abuser. L’espoir a depuis bien longtemps quitté son regard, comme celui de tous les enfants perdus. Seul maître du jeu, maître du feu, maître du monde, il l’a dessiné à son image, comme la soif de souffrance se dessine toujours sur sa peau. Son cœur bat d’une excitation nouvelle alors que ces cinq s’enfoncent un peu plus à chaque pas dans la jungle de l’île. Debout sur la falaise, immense, immortel, menaçant, son regard lit dans votre âme, et vous sentez cette substance visqueuse se délecter de vos sentiments les plus troubles. Ne vous laissez pas abuser : c’est un démon sanglant. Et il brûlera toutes les règles pour enflammer l’imagination des enfants perdus et du plus pur croyant. 

    Le feu. Juste pour allumer ses yeux. Et vous entendre hurler.

    Bienvenue au Pays Imaginaire.


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 24 Novembre 2013 à 23:10

    Qui est Pan??

    2
    Lundi 25 Novembre 2013 à 01:30

    Peter Pan, très chère.

    3
    Dimanche 29 Décembre 2013 à 11:54

    Jolie thème (c'est une série que tu écris?)

    4
    Dimanche 29 Décembre 2013 à 23:26

    Non non, ce sont juste des petits one-shots ou drabbles que j'écris au hasard qu'en le besoin (oui oui ^^) m'en prend.

    5
    Lundi 30 Décembre 2013 à 17:28

    Ah d'accord parfait je vais pouvoir lire eheh!

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