• Le papillon


     
       C'est un trou dans la lumière, où chante la souffrance; et son cri résonne dans l'écume de l'insolence.
       Encore. Les couleurs, vives : rouges flamboyants, ambrés chaleureux ; s'éteignent puis se rallument ; le silence, soudain... avant de reprendre ; frénétiques, terrifiés, les libertés prisonnières heurtent le verre qui les nargue. Ronde effrénée, tourbillonnante, bourdonnante, vacillante parfois. Ineptie de liberté gémissante retenue contre son gré dans une angoisse grandissante. Le souffle manque ; il plonge, vole, voltige, danse un macabre ballet de sadisme.


       Valse noire, confuse, inepte.
    Parfum provoquant et turbulent, le soupir le surveille.
    Les battements retentissent; elles frappent leurs barreaux, épouvantées. Chuchotements ; inavouable secret.
    Mais la soie de leurs couleurs l'effleure, glisse, lente, semblant caresse plutôt que rage. Le verre ne se brise pas. Désespoir. Il savoure la peine, se délecte de sa peur ; silence, soudain...


       Ombre sur la couleur. Lassitude, désolation. Sifflement. L'ombre étend son territoire ; jubilation. La terreur prend son âme, son cœur. La couleur s'éteint. Chute. Violente. Souffrance de ce corps éventré ; abandon. Immaculée, délicate, elle se pose. Souffle d'air, brume chaude, puis froide. La lumière d'or reflète les couleurs sur le verre. Blanche, elle chante ; l'or et l'ambre soudains l'accompagnent. Élogieuses, les couleurs, pareilles à des nymphes, dansent : bleus émouvants, blancs éclatants ; les jacinthes dans leurs cheveux libèrent un arôme sucré. Blanche, amères, elles tombent. La mer, amère, emporte la couleur, la lumière et le verre.


       Exultation : le soupir l'avait pris, pervers, glissé aux tréfonds du corps encore chaud. La blanche s'envole, les nymphes s'évaporent.


      C'est toujours un trou dans la lumière, mais rien n'y chante plus. Ni la douleur, ni les couleurs. Un rayon pâle filtre à travers le bocal. Indignation. Une simplicité insultante pour le pire des crimes. Éclairage morbide. Couleurs vives; ici bas noires, sombres, dégradées. Dégradantes. Lumière sur l'horreur et le vice ; le torrent de la mort emporte la beauté... comme celle d'un papillon orangé.


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  • Commentaires

    1
    Mardi 12 Février 2013 à 19:33

    C'est beau...Par contre j'aie eue du mal à lire, c'est écrit trop petit...

    2
    Mardi 12 Février 2013 à 20:23

    Merci à toi. Oups, désolée, dans ce cas! Je n'aime pas écrire en gros caractères, mais je vais modifier cela, c'est peut-être désagréable pour d'autres internautes...

    3
    Haka-chan Profil de Haka-chan
    Mardi 12 Février 2013 à 20:34

    De rien.Et merci si tu vas modifierla taille des caractères!

    4
    Mardi 12 Février 2013 à 20:42

    Je t'en prie, c'est la moindre des choses ;) C'est mieux, comme ça?

    5
    Haka-chan Profil de Haka-chan
    Mardi 12 Février 2013 à 21:12

    oui!Même very mieux!=)

    6
    Lundi 18 Février 2013 à 17:04

    Très beau texte également. ;)

    7
    Sibylle 118 Profil de Sibylle 118
    Lundi 25 Février 2013 à 13:16

    C'est vraiment MA-GNI-FI-QUE !!

    8
    Dimanche 7 Avril 2013 à 22:55

    Cest beau comme texte. J'ai beaucoup aimé le lire, et l'image représente bien.

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