• A l'enfer auquel il appartient

     
     
     

     
    - Pour la justice, et pour Paris, il est de mon devoir de renvoyer ce démon impie... A l'enfer auquel il appartient.
     
    Résonance... Violente...

    Une plume du feu qui vient de signer l'arrêt du silence.

    Aiguë et sifflante.
    Quelques lettres, qui heurtent avec violence le Bourdon, d'habitude inébranlable. Mille tonnerres grondent ; le ciel est noir d'une épaisse fumée de sang.
    Bourdonnement ; les cloches sifflent avec rage. L'air est lourd de cendres. La foule grouillante. Les mots, le feu, son visage, ses yeux. Il l'atteint. Le ciel crie sa souffrance. Hurlement. Une peur envenimée d'angoisse décompose son visage. Les flammes lèchent avec avidité son corps haletant. Les volutes de la mort l'enveloppent dans un linceul meurtrier.

    Et ce sourire...

    Vicieux et pervers, il la fixe.
    Un rictus malveillant déforme son visage atroce. Ses yeux plissés contemplent la mort avec désir. Passion et haine se fondent en lui dans un ballet destructeur. Outrance au désir, la froideur l'avait détruit, au point que le désir de chair qu'il ressentait jusqu'à lors devienne haine brute, sifflante.
    Elle suffoque, maintenant. Elle souffre. Faible et désespérée. La douleur perce, obscène.

    Un instant...

    Un regard qui l'effleure...

    Désespoir... Soupir, inaudible.
    Ces cheveux...
    Parfum de miel, irréel, danse d'un mirage cruel narguant le désir. L'Egypte dévoile ses merveilles à ses pieds. Odieux, le mirage s'élance, tourne et tourbillonne, comme un ange au bord du précipice.
    Les flammes l'enlacent, deux longs serpents au venin mortellement délicieux ; elle porte en elle le pêché originel... et le chant mélodieux de la nuit, qui scintille sous ses pas.
    Elle s'envole, déploie ses ailes; aigle noir brûlant d'une puissance sauvage.
    Le ciel l'appelle, absorbe son esprit, laissant son enveloppe charnelle seule, esclave des désirs de l'enfer.
    Ces grands yeux noirs qui l'ensorcèlent, et les couleurs de l'arc-en-ciel... Une soie vermeille, une autre mauve, qui caresse avec ardeur sa nuque, ces mains brûlantes courant sur sa peau... Et ces yeux...

    Qui se ferment...

    Et le feu la dévore ; son esprit se déploie, lentement. Suffocation, gémissement aigu, comme un supplication; les yeux désolés de la mère pleure son nom en secret.
    Ses lèvres entrouvertes crachent la vie qui tend à se battre un instant. Abandon. Les mots qui ont été prononcés sonnent la mort, résonnent dans son crâne. Bourdonnement, hurlement, tourbillonnement. C'en est trop.

    Sinueuse, elle s'est déjà glissée en elle, remonte le long de son dos tremblant, saignant sa nuque, son visage.
    Spasme.
    Le visage est propulsé vers le ciel, les yeux s'ouvrent d'un éclair de force. Le rictus devient rire; une délectation immorale pervertie son âme prétendant prêcher la justice. Hurlement de désespoir des tours qui clament la noirceur de Paris.

    L'envol vers Notre-Dame, et le feu qui condamne le corps à le servir pour l'éternité. Désespoir et rage, l'Eglise est encrassée par la symphonie d'horreur et de violence d'une gitane innocente. Justice et liberté, immaculée pierre de jade qui s'éteint lentement ; renoncement du mirage qui préfère disparaître. Paris s'endort, et les cloches sonnent, sonnent, sonnent, sonnent... C'est la mort qui éclate en mille tonnerres. Sang et cendre souillent l'air, si pur dans sa robe de miel ; vice et délice emplissent cet homme qui a prononcé la sentence... la sentence pour un ciel qui perd l'une de ses étoiles.

    Le ciel sonne l'âme, l'enfer crache des flammes, quand les cloches envoûtant nos âmes...
    Carillonnent...
    A Notre-Dame...


    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :